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Nobodies

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/// Nobodies ///

De ses premières interventions in situ jusqu’aux expositions ultérieures, c’est dans son entourage que le producteur, scénariste, metteur en scène Levalet opère le casting de ses saynètes. Lui-même étant à disposition permanente de l’artiste, il ne recule pas devant une mise en majesté!

Bissé par la critique populaire, conquis et porté par les trompettes de la renommée, cinq ans de tournées en France et ailleurs ont permis au saltimbanque de percevoir que dans le grand théâtre sphérique se jouait une comédie qui, bien qu’humaine ou divine, reléguait nombre d’acteurs aux seconds rôles si ce n’est à celui d’imperceptibles figurants.

« Je suis un être humain, solide, ayant besoin de nourriture, de boissons, de vêtements. Mais je suis invisible. Y êtes-vous ? Invisible! invisible! »

Aux acteurs du quotidien ne restent plus que les tenues, les habits, reflets de leur rang social, de leur statut professionnel, d’une appartenance communautaire. Identifications chargées de préjugés, sans égard de singularité. Et même si « l’habit ne fait poinct le moine, et tel est vestu d’habit monachal qui au dedans n’est rien moins que moyne », les injonctions normatives de la com’, de la publicité et des institutions conditionnent nos dress code.

Les vêtements des Nobodies et l’absence de corps visibles sont une fenêtre ouverte sur l’histoire, parfois universelle, tantôt particulière. Ils laissent au spectateur le libre arbitre d’y projeter son vécu, ses émotions, sa culture.

Ils nous ramènent à l’œuvre d’artistes contemporains comme Christian Boltanski ou Liu Bolin. Pour Boltanski, le vêtement est une trace, l’empreinte d’une vie passée. C’est une constante de son travail, particulièrement significative lors de l’installation La réserve au Centre Pompidou ou Personnes pour sa Monumenta du Grand Palais. L’artiste chinois Liu Bolin, quant à lui, corps et âme couverts de peinture, « caché dans la ville », se fond totalement dans des paysages révélateurs de malaises sociaux.

Chassez le côté facétieux de Levalet, il revient au galop. Dans l’esprit oulipien du Pérec de la Disparition – où « la suppression de la voyelle [e] efface les origines et empêche la reconstruction de la mémoire, et donc la récupération de l’identité » –, il rend possible une représentation humaine désincarnée, contrepied à une histoire de l’art où l’omniprésence du corps perdure au fil des siècles. Joueur, il franchit le rubicon de l’insaisissable portrait,  en écho aux variations cubistes et surréalistes!

L’ère du numérique n’a fait qu’amplifier le phénomène de déshumanisation apparu avec l’industrialisation car « ce qu’il y a de nouveau dans les espoirs et les peurs de l’ère de la machine, c’est que le sauveur et le destructeur n’ont plus figure humaine ». Cette perte de repères entraînant repli sur soi, communautarisme et dérives idéologiques.

Les réseaux sociaux créent et entretiennent l’illusion d’existence et de partage. Le selfie devient l’affirmation intangible de son moi. « Supposez, par exemple, un miroir… Les hallucinations se produisent si facilement ! » À la manière des panneaux peints à trous des fêtes foraines et parcs d’attraction, Levalet crée une galerie de portraits sur miroir d’une dynastie familiale au parcours chaotique où nous assimiler, nous (ré)inventer… «We are the nobodies / We wanna be somebodies»

Jean-Luc Hinsinger   –   Avec la complicité de H.G. Wells, François Rabelais, Bruno Bettelheim, Marilyn Manson

 

/// Levalet ///

Charles Leval, dit Levalet, est né en 1988 à Epinal. Il grandit en Guadeloupe, région où il entre au contact de la culture urbaine, puis des arts plastiques. Il poursuit ses études d’arts visuels à Strasbourg ; son travail, alors davantage tourné vers la vidéo, se nourrit d’une pratique théâtrale assidue. Il obtient l’agrégation en 2012, année où son travail commence à prendre place dans les rues de Paris. Il a depuis participé à de nombreuses expositions dont plusieurs Solo shows, et participé à quelques rencontres internationales.

L’œuvre de Levalet est avant tout un travail de dessin et d’installation. Il met en scène ses personnages dessinés à l’encre de chine dans l’espace public, dans un jeu de dialogue visuel et sémantique avec l’environnement présent. Les personnages interagissent avec l’architecture et se déploient dans des situations frôlant souvent l’absurde.

Du 20 avril 2017 au 06 mai 2017


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