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On Ne Dormira Jamais

galerie de la Voute

Publié dans Arts plastiques

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On ne conte pas sans public. 
La Galerie de la Voûte présente : « On ne dormira jamais » Exposition collective de Tamina BeausoleilCorine BorgnetCornelia EichhornIris Gallarotti, et Nathalie Tacheau.
 
Bruno Bettelheim dit que tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur et des démarches qu’exige notre passage de l’immaturité à la maturité. Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d’abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur, ce qui nous récompense de nos efforts. « L’œuvre de Corine Borgnet, sous des dehors ludiques et insolites, est toute entière tournée vers le monde de l’enfance, qu’elle conçoit comme originel et ultime territoire de liberté. Non qu’elle ait précisément la nostalgie de cette « parenthèse enchantée », mais elle conçoit ce moment de l’existence comme un espace-temps privilégié dans lequel la double emprise du principe de plaisir et des effrois de l’enfance – source de tous les imaginaires – ne se sont pas encore heurtés à la rationalité, au principe de réalité et aux nécessités économiques… »*
 
Le conte invite à l’évasion mais il transmet également des messages, aide à connaître le monde et l’existence humaine à travers des métaphores, et des personnifications… Il a la facilité de donner du sens à la réalité tout en nous laissant nous transcender et laisser place à notre inventivité, nous invitant à un voyage imaginaire où chacun d’entre nous trouve dans le conte son propre sens en regard de son histoire, et sa propre leçon de vie. Les compositions de Nathalie Tacheau sont construites par découpage et collage de dessins originaux, répétition de calques de ses dessins et de leurs photocopies, assemblés à des images d’origines diverses. Sous l’influence d’associations d’idées, elle reconstruit des êtres, hommes, femmes, animaux, enfants. L’artiste les rapproche, les superpose, les déforme jusqu’à ce que cet assemblage tienne comme le début d’une histoire, d’une fiction, le point d’ancrage d’une narration qui s’échappera par le regard de l’autre. 
 
« Ceci est un conte »…« …Il était une fois, trois fois rien… » Des formules quasi universelles, et voilà que s’ouvre l’espace de la parole et du silence, le temps de la profération. Le temps et l’espace du conte constituent, comme ceux du rêve, une autre scène, dont beaucoup d’éléments semblent familiers. Pour Etienne Perrot, le traducteur de Jung, les contes sont des rêves élaborés et les rêves, des contes nocturnes. Pour l’anthropologue Geza Roheim, les contes sont probablement issus de récits de rêves.
Iris Gallarotti est habitée par la vision d’images qui fonctionnent selon le paradoxe d’apparition-disparition, qui révèlent ce que l’on ne peut voir ou ce que l’on ne sait pas savoir. Ses œuvres traitent inlassablement de mémoire, celle du corps et celle de l’esprit, entre réminiscence et reconstruction des souvenirs.  » Iris Gallarotti ne se veut pas chercheuse de trophée imaginaire à ramener chez elle mais d’un regard du plus profond de l’être… Au rêveur endormi fait place l’insomniaque rêveur, sidéré par ce que le dessin étale et condense en transposant l’image du rêve dans un autre champ de perception sensorielle. »**
 
Contes et rêves sont de la même matière. Les deux parlent la même langue, le langage symbolique. Ils mettent en image, en scénario, l’autre face du vécu d’un individu ou d’une société.
 
Les contes parlent à ce qu’il y a de plus intime en nous. Ils livrent une « anatomie comparée » de l’âme humaine collective et délivrent de merveilleux messages. Ils représentent une rencontre qui aide à construire, à avancer, à grandir, mobilisent toutes nos ressources « de la pensée aux muscles » et engagent la société.
Cornelia Eichhorn cherche un langage artistique qui met-en-scène une sorte de torture infligée à ses protagonistes, soit dans leurs postures, dans leur actions ou par leur environnement. Ils deviennent ainsi des marionnettes, des cobayes qui sont forcés à incarner des dysfonctionnements des relations et valeurs humaines, les rapports de forces pervers entre l’individu et le groupe. Elle utilise une imagerie violente parce que ces contrariétés sont minimisés dans la société alors qu’il n’y a rien de plus violent parfois et qu’elles conditionnent toute notre existence.
 
Telles les œuvres d’art, comme autant de formules ouvrant la porte sur le merveilleux, ce merveilleux aux différentes formes, fantastique, réaliste ou surréaliste, se propose de nous faire découvrir la réalité quotidienne comme inconnue et toujours nouvelle.
Passage initiatique nécessaire pour évoluer d’un état à vers un autre, pour se former, grandir à travers des métamorphoses, passage nous permettant d’aller de la nature à la culture, de l’animalité à l’humanité.
Les œuvres de Tamina Beausoleil sont des dessins, des collages, des peintures à l’huile et des photographies. Elles questionnent la représentation du corps, et du vivant dans tous ses énoncés. Comment, à travers ses interpellations quotidiennes (les surnoms, le langage familier), son corpus scientifique (les planches anatomiques, les images médicales), et les figures archétypales (les postures érotiques, les mythes et les légendes) avons nous conscience de notre propre corps dans l’intervalle entre réalité brutale et fantasme le plus débridé ?
Les images deviennent hybrides, polysémiques, poétiques, démonstratives, se jouant des certitudes et des échelles, comme du dedans et du dehors, elles viennent bousculer, comme dans un conte à dormir debout, notre tentation de l’oubli de soi.
L’initiation s’inscrit comme une idée d’achèvement, de construction personnelle où chaque expérience nous forge, elle prend alors sens tant sur le plan humain que spirituel. Une épreuve initiatique où nous jouissons d’une existence autre, un héritage laissé des sociétés anciennes, une transmission.
 
La finalité du conte reste toujours de surpasser « la mort » et de n’en sortir que meilleur.
 
« Ne pas croire aux fées, c’est ne pas croire à soi même. »
Aragon
 
Isabelle Nourry & Thomas JM 
*Marie Deparis-Yafil
**Jean-Paul Gavard-Perret
Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, traduction de Théo Carlier
« Conférences Consonances au Théâtre de la Renaissance à Oullins » Laureline Amanieux Anne-Claire Huby
Tatiana Botovelo – Le rêve Selon Mircea Eliade


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